05/09/2022

[Communiqué de presse] "3 ans du Grenelle contre les violences conjugales : des annonces à préciser et des moyens à renforcer"

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Madame la Ministre Isabelle Rome s’engage à faire progresser la justice pour lutter contre les violences faites aux femmes. La Fondation des Femmes salue cet engagement nécessaire face au retard criant du Ministère de la Justice. Néanmoins, ces annonces restent à préciser et la Fondation des Femmes attend du Gouvernement un renforcement de ce nouvel élan, notamment concernant les moyens associés !

Paris, le 5 septembre 2022

Dans une interview donnée hier au Journal du Dimanche, Mme la Ministre Isabelle Rome s’engage à faire progresser la justice pour lutter contre les violences faites aux femmes. La Fondation des Femmes salue cet engagement nécessaire face au retard criant du Ministère de la Justice : avec 80% des plaintes pour violences conjugales qui sont classées sans suite (selon l’Inspection Générale de la Justice), des décisions incompréhensibles et des délais délétères pour les femmes, la soif de justice est au plus haut. Ces annonces traduisent une fine connaissance du sujet de la part de la Ministre ainsi qu’un investissement bienvenu de la Première Ministre.

Néanmoins, ces annonces restent à préciser : la  création d’une mission parlementaire sur les juridictions spécialisées ne peut se suffire à elle-même vu l’urgence et l’ampleur du problème. Quelle est l’ambition réelle du gouvernement à ce sujet ? Le pack “Nouveau Départ » répond à un besoin effectivement identifié mais son contenu et les moyens dédiés doivent être spécifiés. L’annonce de 1000 nouvelles places d’hébergement est également à saluer, mais celles-ci doivent pouvoir être attribuées de manière transparente à des associations spécialisées, mieux financées, et concentrées là où les besoins sont les plus importants, en concertation avec les retours des associations de terrain. Enfin, au-delà des hébergements spécialisés, les permanences d’accueil des associations croulent sous les demandes de la part des femmes victimes, les psychologues ne sont pas assez nombreux et les associations peinent à recruter. 

C’est pourquoi l’inquiétude demeure concernant les moyens associés. Si, en additionnant tous les crédits d’aide internationale, 1,3 milliard d’euros sont aujourd’hui inscrits pour l’égalité femmes-hommes dans les documents budgétaires du Gouvernement, les associations ont de nombreuses fois souligné l’incohérence de ce chiffre par rapport aux manques constatés sur le terrain dans la lutte contre les violences faites aux femmes en France. Ainsi, en 2018, la part réelle du budget dédié à la lutte contre ces violences, en France, était de 350 millions d’euros, bien loin du milliard nécessaire selon le rapport du Haut Conseil à l’Egalité et de la Fondation des Femmes.

La Fondation des Femmes attend donc du Gouvernement un renforcement de ce nouvel élan sur la lutte contre les violences faites aux femmes. Alors que le Mouvement MeToo fêtera ses 5 ans en octobre, nous espérons que le 25 novembre verra l’occasion de mesures concrètes plus ambitieuses, en particulier sur le plan budgétaire.