BAROMÈTRE OMNICOM MEDIA FRANCE x FONDATION DES FEMMES
La Fondation des Femmes publie aujourd’hui les résultats de son baromètre annuel, réalisé par Omnicom Media France. 2025 marquait une prise de conscience des violences sexuelles au lendemain du procès des violeurs de Mazan, quand 2026 révèle une inquiétude croissante : les Français·es s’inquiètent des menaces pesant sur leurs droits, et plébiscitent l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexuelles.
Alors qu’en 2024 et 2025, le mouvement féministe semblait porté par des victoires législatives comme l’inscription de l’IVG dans la Constitution et la relance du mouvement #MeToo, l’année 2026 marque un tournant inquiétant dans l’opinion publique :
- Près d’un tiers des personnes interrogées (32 %) déclare désormais que la situation des femmes s’est dégradée au cours des cinq dernières années en France, soit une hausse de +22 % par rapport à l’an dernier.
- 25 % des personnes ayant répondu pensent que les droits des femmes ont été remis en cause ces cinq dernières années, une perception qui explose chez les jeunes de 18-24 ans (+12 pts en un an), les femmes (+6) et les 55+ (+6).
Masculinisme et extrême droite : un divorce avec les aspirations des femmes
Près d’un tiers des Français·es exprime une forte préoccupation face à la montée des discours masculinistes, perçus comme une menace directe pour l’égalité. Cette défiance s’étend au champ politique : seule une minorité de Françaises considèrent que les idées d’extrême droite sont compatibles avec le combat pour les droits des femmes (35 %).
Violences sexistes et sexuelles : l’urgence judiciaire
L’engagement des candidat·es sur ces sujets sera d’ailleurs un facteur déterminant lors des futures échéances électorales : le baromètre révèle une société qui refuse que la protection des femmes disparaisse de l’agenda politique. La protection des femmes demeure ainsi la 2ème priorité d’action pour les Français·es (40 %), juste derrière la protection de l’enfance.
Parmi les violences faites aux femmes, les violences sexuelles restent la préoccupation première (63 %) devant le harcèlement sexuel qui enregistre une forte progression (+7 pts) parmi les problèmes jugés prioritaires, particulièrement chez les jeunes (+15 pts).
En matière de violences sexuelles, la Fondation des Femmes alerte sur les dysfonctionnements judiciaires persistants tels que les classements sans suite massifs, délais excessifs et le manque de moyens pour l’accompagnement des victimes. Pourtant, la France ne dispose toujours pas d’un texte global cohérent à la hauteur des enjeux alors même que 81 % des Français·es se déclarent favorables à l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexuelles pour pallier les manquements en matière de prévention et de justice.
Cette loi intégrale est portée par une coalition composée de plus de 150 associations féministes et enfantistes dont la Fondation des Femmes et se base sur plus de 140 recommandations d’actions. Elle trouve relai auprès d’une coalition de parlementaires engagés et nécessite maintenant une initiative gouvernementale pour aboutir. Plus d’informations sur loi-integrale.fr.
Crise de confiance : l’État décroche, les associations s’imposent
Le fossé se creuse entre la société civile et les institutions. En un an, la confiance envers les pouvoirs publics dans la lutte contre les violences a chuté :
- Le Gouvernement ne recueille plus que 29 % de confiance (-5 points par rapport à 2025).
- La Police chute à 52 % (-8 points).
- La Justice descend à 44 % (-2 points).
À l’inverse, les associations d’aide aux victimes consolident leur position de tiers de confiance avec 86 % de bonnes opinions (+3 points). Elles sont perçues comme les seules actrices faisant des efforts constants pour protéger les femmes, là où la perception des efforts du Gouvernement et de la Police s’effondre (respectivement -6 et -9 points).
10 ans de la Fondation des Femmes, un mouvement inarrêtable
Pour redonner souffle et espoir à l’approche du 8 mars, la Fondation des Femmes célèbre ses 10 ans en lançant la campagne nationale intitulée « INARRÊTABLES ». Un livre aux Éditions Les Petits Matins (sortie le 5 mars) détaille comment, en dix ans, la Fondation des Femmes a transformé l’indignation en actions concrètes créant un mouvement inarrêtable avec plus de 20 millions d’euros alloués à plus de 1 000 associations soit 4 500 structures soutenues, 65 000 nuitées financées, près de 6 millions de produits redistribués et 600 000 femmes accompagnées.
À travers un clip réunissant militantes, associations de terrain, bénévoles et personnalités comme Muriel Robin, Julie Gayet et Caroline Darian, la campagne met en lumière des actions décisives qui nourrissent un mouvement devenu irréversible. « INARRÊTABLES » rend hommage à celles et ceux qui s’engagent et se déploie autour d’un film, d’une campagne visuelle, d’un livre (Inarrêtables, la décennie des femmes), d’une plateforme de collecte « 10 ans, 10 défis » et des Nuits des Relais à Paris et Bordeaux.
Kit presse disponible ici
Anne-Cécile Mailfert, Présidente de la Fondation des Femmes :
« Les résultats de ce baromètre 2026 doivent faire réagir. Les Français·es continuent de placer les violences faites aux femmes en haut des priorités. Ils s’inquiètent des menaces sur les droits des femmes des discours masculinistes et conservateurs. Ils ne font plus confiance au Gouvernement pour agir, et se tournent massivement vers les associations féministes. À 81 %, ils demandent une loi intégrale. Le message aux responsables politiques est simple : l’inaction n’est plus une option. Depuis 10 ans, nous avons prouvé que l’indignation peut devenir puissance d’action. Notre détermination pour une société sans violence est inarrêtable. »
Contact presse : presse@fondationdesfemmes.org
Noémie Barbaut – 06 25 26 37 94
À propos du Baromètre : Étude réalisée par Omnicom Media Group pour la Fondation des Femmes du 2 au 6 février 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes (méthode des quotas).
A propos de la campagne « Inarrêtables » : La campagne a été conçue par l’agence L’associé dirigée par Gilles Rivollier. Le film a été réalisé par Sarah Jacquier et produit par la société de production The Kids avec Sylvie Lemonnier-Simoes. Les photographies ont été capturées par Clément Savel. La campagne 360 est médiatisée grâce au travail de l’agence Omnicom Média France et diffusée gracieusement grâce au soutien des régies publicitaires.
À propos de la Fondation des Femmes
La Fondation des Femmes, reconnue d’utilité publique par décret du 4 juillet 2024, est la fondation de référence en France sur les droits des femmes et la lutte contre les violences dont elles sont victimes. Grâce aux dons qu’elle reçoit, elle apporte un soutien financier, juridique et matériel aux initiatives associatives à fort impact, sur tout le territoire.
Pour en savoir plus : fondationdesfemmes.org