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7 ans après la libération de la parole des femmes, ce podcast , créé en partenariat avec la Fondation des Femmes éclaire nos chansons d'enfance d'un jour nouveau.
Quand on se penche sur leurs paroles, on s'en rend compte tout de suite : les chansons pour enfants ne s'adressent pas à eux. Nos comptines et berceuses sonnent comme des injonctions à la morale de générations en générations, sur des thèmes toujours d'actualité : agressions sexuelles, avortement, inceste, violences.
Chaque épisode comporte une explication de texte de l'autrice Elise Garcia et l'interview d'artistes de la scène française au micro de la journaliste Florence Trédez.
Solann, Ibeyi, Pomme, Clara Ysé, Crystal Murray, Eddy de Pretto, Suzane et Irma nous parlent de leur chanson d’enfance préférée et de l’influence de la musique en général sur leur construction en tant qu’adulte et artiste.
Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes clôture la série.
Dans ce dernier épisode, Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des Femmes a choisi Il était une bergère, un air léger, une mélodie entêtante, en complet contraste avec ce qui s’y déroule.
Dans cette chanson paillarde, la jeune bergère subit un viol suivi d’un avortement.
Un épisode particulièrement essentiel, en cette année de tous les dangers pour les droits des femmes, marquée par une avancée importante : l’entrée de l’IVG dans notre Constitution.
“Certaines chansons résonnent en moi de manière beaucoup plus forte aujourd’hui. J'adore leur rythme, la musique, les paroles me permettent de m'émanciper, de crier mon envie de liberté. Avec mes amies, on a envie de pleurer de joie quand on chante à l’unisson. Ces chansons-là disent ce qu’on a envie d’être, de devenir. Elle est là la puissance de l’art, beaucoup plus que dans des chansons objectivantes.”

Anne-Cécile Mailfert a créé La Fondation des Femmes en 2014 pour lever des fonds en faveur des droits des femmes. Elle alerte sans relâche sur le manque de moyens pour venir en aide aux femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.
Cet épisode est enregistré au studio la Poudre de la Cité Audacieuse.
Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Réinterprétation : Caro Sally
Photographe : Laurie Bisceglia
Montage : Arthur Dechet
Un immense merci à toutes et tous de nous avoir écoutés cet été. Vos messages nous ont touchés et sommes heureuses d'avoir ouvert une brèche dans la réinteptrétation des contenus à destination de nos enfants.
Dans l'épisode d'aujourd'hui, Irma nous parle d’injonctions faites aux femmes et de l’importance de trouve sa voix au micro de Florence Trédez.
"A la claire fontaine" est la chanson nostalgique par excellence, celle d’une rupture amoureuse.
Dans la version actuelle, Pierre est parti pour un bouquet de roses que la jeune fille lui aurait refusé, raison un peu légère pour une rupture.
Pour saisir la véritable raison de cet abandon, il nous faut revenir à une version plus ancienne, dans laquelle la jeune femme déplore.
“J’ai perdu mon ami Pierre pour un bouton de rose que trop tôt j’ai donné.”
On comprend alors pourquoi il l’a quittée ; le bouton de rose représente sa virginité.
Donner sa virginité avant le mariage, c’était prendre le risque de se voir mise au ban.
Donner sa virginité avant le mariage, c’était prendre le risque de se voir mise au ban. On ne parle plus de virginité mais de “body count”, à savoir avec combien d’hommes une femme a eu des relations sexuelles. Les femmes continuent d’être auscultées, jugées et contrôlées à l’aune de leurs relations aux hommes.
Pour Irma, les injonctions faites aux femmes les entravent et leur font perdre du temps. Sa timidité et son syndrome de la bonne élève lui ont coûté dans une société où celui qui crie le plus fort l’emporte. Elle aura mis dix ans à trouver sa tonalité, celle dans laquelle s’exprimer et faire entendre sa voix, selon ses conditions.
Cet épisode est enregistré au studio la Poudre de la Cité Audacieuse.
Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Réinterprétation : Caro Sally
Photographe : Hélène In Quach
Montage : Arthur Dechet
Dans le prochain épisode, Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des Femmes nous parle d'avortement et d'agressions sexuelles dans "Il était une bergère".
Dans l’épisode d’aujourd’hui, Suzane a choisi "A la pêche aux moules", où les garçons de la ville volent bien plus que leurs paniers aux filles de leurs quartiers.
ll n’y a pas de double sens dans la "Pêche aux moules."
Il suffit de l’écouter en entier pour comprendre qu’il s’agit du récit d’une agression sexuelle.
La jeune fille de la chanson rentre chez elle pour annoncer à sa mère que les gars de la ville l’ont agressée.
"À la pêche aux moules, je ne veux y aller maman.
Quand une fois ils vous tiennent, sont-ils de bons enfants maman ?
Ils vous font des caresses et des p'tits compliments maman.
A la pêche aux moules, les jeunes filles y vont pourtant.
Et les gars des villes les poursuivent en chantant."

Suzane se décrit comme une conteuse d’histoires vraies, une chanteuse réaliste.
Elle pose sa voix sur des thèmes de société qui la touchent, la révoltent, la font vibrer.
Rien d’étonnant à ce que Suzane ait choisi de faire entendre la voix des filles silenciées de La Pêche aux moules.
Cet épisode est enregistré au studio la Poudre de la Cité Audacieuse.
Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Réinterprétation : Caro Sally
Photographe : Iulia Matei
Montage : Arthur Dechet
Dans le prochain épisode, Irma nous parle d'injonction à la virginité avec "À la claire fontaine."
Dans l’épisode d’aujourd’hui, Eddy de Pretto a choisi "Il était un petit homme" pour évoquer la vulnérabilité masculine.
L’institutrice Gabrielle Grandière, qui a inventé cette chanson dans les 1950’, trouvait les comptines mièvres et dit elle-même qu’elle a “fait n’importe quoi.”
Contrairement aux autres chansons pour enfants, on connaît les paroles d'"Il était un petit homme" par coeur et jusqu'au bout.
On est très attaché.es à la magie, la fantaisie et la ritournelle. Tout y est fait de bric et d' broc, la maison en carton, le nez du facteur mais tout s’y répare.

L'autrice en a profité pour y insérer un pied-de-nez à la gente masculine. Ce petit homme qui perd son nez, évoque aussi la perte de la virilité. Le nez est un organe souvent utilisé pour symboliser le sexe.
L’occasion de nous attarder sur les représentations de la virilité qui ont encore cours aujourd’hui avec Eddy de Pretto, un artiste qui porte sa sensibilité en étendard, au micro de Florence Trédez.
Le poids qui pèse sur les épaules des petits garçons les immerge dans un monde où les émotions sont bannies et le féminin inférieur. Avec tout ce que l’on sait de l’influence de ces 1ers récits sur les enfants et de la prégnance du concept de virilité dans la construction des tout-petits, pourquoi ne pas créer des contenus qui à l’image de la sensibilité et de la diversité émotionnelle de nos enfants.
Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Réinterprétation : Caro Sally
Photographe : Iulia Matei
Montage : Arthur Dechet
Dans le prochain épisode, Suzane nous parle d’agression sexuelles et d’injonctions faites aux femmes avec "A la pêche aux moules".
Dans l’épisode d’aujourd’hui, Crystal Murray a choisi "Nous n’irons plus au bois", une chanson de bal populaire qui parle de la fermeture des lieux de prostitution sous Louis XIV.
Le son de Crystal nous fait vibrer à l’unisson de sa personnalité, rayonnante et sensible. Elle a choisi une chanson explicitement licencieuse pour aborder la question du désir féminin et de sa place au sein d’une société patriarcale réductrice.
Très prisée des maîtresses pour faire danser les enfants bras dessus bras dessous, "Nous n’irons plus au bois" est une chanson paillarde qui cache bien son jeu. On reconnaissait en effet les lieux de prostitution au XVII ème siècle aux lauriers qui ornaient leurs portes.

On la chante pour apprendre aux enfants à danser ensemble, en ronde, dans un moment festif. A nouveau, on questionne le décalage entre l’innocence des enfants face à des paroles à caractère explicitement sexuel. Dans le cas de cette chanson, on peut affirmer que plus personne n’a en tête le contexte historique. Ceci étant, cela soulève le côté induit, implicite et quasiment omniprésent de ces thématiques dans les contenus pour enfants.
Crystal Murray nous invite à changer de perspective sur la façon dont on adresse l’enfance, puis l’adolescence. Les non-dits et les projections dont elle a été l’objet en tant qu’artiste, performeuse, sur une scène alternative où elle a émergé très jeune l’ont touchée, puis mise en colère. Elle revendique la liberté d’être qui elle veut quand elle veut, sans se laisser labelliser ou enfermer dans une narration étriquée.
Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Réinterprétation : Caro Sally
Photographe : Iulia Matei
Montage : Arthur Dechet
Dans le prochain épisode, Eddy de Pretto nous parle de vulnérabilité masculine avec "Il était un petit homme".
Dans l’épisode d’aujourd’hui, Clara Ysé a choisi "La Souris verte" dont le destin bien sombre contraste avec la joie qu'elle apporte aux enfants.
La souris verte est en réalité un soldat vendéen traqué par les troupes républicaines pendant la guerre de Vendée.
Les soldats de Napoléon appelaient les Vendéens des “souris” et leur uniforme vert a donné son nom à la chanson la plus connue de notre enfance.
Le soldat arrêté est soumis à différentes tortures dont la cure par l’eau et l'ébouillantage.
Le contexte historique et le caractère horrifique de la scène sont complètement éludés.
Les tout-petits sont émerveillés et amusés et les adultes en ignorent le sens caché.
Au-delà du sens premier, seuls restent le côté surréaliste les images fantaisistes.

Aux adultes de s’interroger sur la place de la violence sociétale qui traverse nos récits dès notre plus jeune âge.
Les textes intimes de Clara Ysé, sa voix forte, posée, intense tranchent dans une industrie frileuse à la singularité.
La violence et la rage soutiennent certains de ses titres comme Douce et méritent que l’on s’attarde sur l’expression de la colère féminine, sa mise en lumière et sa place au sein de notre société patriarcale.
Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Réinterprétation : Caro Sally
Photographe : Iulia Matei
Montage : Arthur Dechet
Dans le prochain épisode, Crystal Murray nous parle de désir féminin avec "Nous n’irons plus au bois".
Dans l’épisode d’aujourd’hui, Pomme a choisi Au Claire de la Lune, une histoire de luxure nocturne qui l’a autant émerveillée qu’incommodée.
Son premier pseudo sur les réseaux, “Claire de lune”, en disait déjà long sur son attachement au personnage de Pierrot, sorte de clown triste au magnifique costume, perché sur son croissant de lune, la tête dans les étoiles.
Au Clair de la lune est la berceuse la plus connue du répertoire de chansons enfantines, pourtant personne ne connaît les paroles jusqu’à la fin.
Les métaphores sexuelles s’y accumulent.
La plume symbolise le sexe masculin et la chandelle éteinte, le désir insatisfait. On peut aussi interpréter la chandelle morte et la plume sèche comme un signe d’impuissance.

Pierrot qui n’est pas d’humeur à satisfaire les envies d’Arlequin ou de Lubin selon les versions, le dirige vers la voisine, peut-être ici Colombine sous les traits d’une prostituée chez qui “on bat le briquet”, expression qui signifie assez crûment en vieux français : “s’envoyer en l’air”.
Pomme vise juste quand elle souligne le côté poétique et étrange de cette berceuse. Sans en comprendre le sens caché, les enfants et les adultes qui ignorent la signification de la chanson ressentent le côté intrusif de ce personnage qui tambourine à la porte de son ami en pleine nuit. C’est dérangeant.
Au clair de la lune nous ramène au temps des veillées paysannes où l’on chantait autour de l’âtre pour endormir les petits et faire rire sous cape les plus grands.
L’ignorance a ses limites. Après cet épisode on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas.
Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Bienvenue dans Raconte-moi une chanson, le podcast d’Elise Garcia crée en partenariat avec la Fondation des Femmes, qui explique aux adultes les inavouables secrets des chansons pour enfants.
Éloignez les oreilles innocentes du poste. Nous levons le voile sur un monde trouble où la souris verte en bave, Pierrot refuse les avances d’Arlequin, les rossignols se font censeurs de jeunes vierges.
Dans l’épisode d’aujourd’hui, les sœurs jumelles Lisa et Naomi du duo Ibeyi ont choisi Une chanson douce, pour parler des rôles attribués à chacun et chacune et des moyens de s’en émanciper.
Ces dix dernières années, les chansons d’Ibeyi célèbrent la puissance de la sororité, le lien à la nature, l'importance de faire famille, au sens collectif et à titre individuel.

Création et réalisation : Elise Garcia
Interview : Florence Trédez
Photographe : Iulia Matei
Montage : Arthur Dechet
Bienvenue dans Raconte-moi une chanson, le podcast d’Elise Garcia crée en partenariat avec la Fondation des Femmes, qui explique aux adultes les inavouables secrets des chansons pour enfants.
Éloignez les oreilles innocentes du poste. Nous levons le voile sur un monde trouble où la souris verte en bave, Pierrot refuse les avances d’Arlequin, les rossignols se font censeurs de jeunes vierges.
Dans l’épisode d’aujourd’hui, Solann a choisi Gentil Coquelicot, sur la venue des premières règles et de leurs cortèges de mises en garde.
Solann, c’est le feu sous la douceur. Sa chanson Rome s’est propagée comme une traînée de poudre. Ses textes ultra-féministes qu’elle murmure comme des incantations touchent toute une génération de femmes et de jeunes filles qui se retrouvent dans sa rage et sa vulnérabilité. Elle décolle, s’élève et nous emporte avec elle dans son univers où la délicatesse sert la puissance.

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Communiqué de presse
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