L’écoféminisme est une grille d’analyse politique et intellectuelle qui met en lumière les liens entre les oppressions exercées sur les femmes et les logiques d’exploitation du vivant. Théorisé à partir des années 1970, il postule que la domination des corps féminins, des minorités et des ressources naturelles relève d’une même dynamique systémique. En France, la Fondation des Femmes soutient les mouvements écoféministes en donnant la parole aux autrices, chercheuses, militantes et paysannes qui portent ces luttes.
Face à l’aggravation des crises climatiques, la question des inégalités de genre dans les impacts écologiques devient centrale. La Fondation des Femmes s’engage aux côtés des mouvements écoféministes pour porter une lecture croisée de ces enjeux et faire entendre les voix qui articulent féminisme et écologie.
Qu'est-ce que l'écoféminisme ?
Une grille d'analyse des dominations croisées
L’écoféminisme est un courant de pensée qui, à l’instar de l’intersectionnalité, permet d’analyser conjointement plusieurs formes de domination. Il souligne que les systèmes d’oppression qui pèsent sur les femmes et les minorités reposent sur les mêmes logiques d’exploitation que celles qui s’exercent sur le vivant. Autrement dit, l’exploitation des corps des femmes, des minorités, du vivant et des ressources naturelles répond à une même dynamique systémique.
Cette analyse ne se limite pas à un constat théorique. Elle ouvre des pistes d’action concrètes : agriculture paysanne, care, justice reproductive, désobéissance civile écologique, éducation populaire. Autant de champs où les femmes sont historiquement présentes, souvent invisibilisées.
Aux origines d'un mouvement politique et intellectuel
Le terme « écoféminisme » est forgé en 1974 par la philosophe française Françoise d’Eaubonne. Le mouvement s’est ensuite structuré à l’échelle internationale, notamment autour des luttes antinucléaires (le camp de Greenham Common au Royaume-Uni, en 1981), des mobilisations pour la préservation des forêts (mouvement Chipko en Inde), et plus récemment autour des questions de justice climatique et de souveraineté alimentaire.
En France, l’écoféminisme connaît une visibilité croissante depuis la fin des années 2010, portée par une nouvelle génération d’autrices, de chercheuses et de militantes.
Pourquoi les femmes sont-elles en première ligne des crises écologiques ?
Les crises climatiques ne touchent pas tout le monde de la même manière. Les femmes, en particulier les plus précaires, en paient un prix disproportionné. Plusieurs facteurs se cumulent :
- Précarité économique : les femmes représentent la majorité des situations de monoparentalité, de temps partiel subi et de bas revenus, ce qui accroît leur vulnérabilité aux chocs environnementaux (canicules, hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation).
- Charge du care : dans les périodes de crise, la charge des soins aux enfants, aux personnes âgées et aux malades pèse majoritairement sur les femmes.
- Exposition sanitaire : plusieurs études documentent la surexposition des femmes à certains polluants environnementaux, aux perturbateurs endocriniens et aux effets sanitaires des vagues de chaleur.
- Sous-représentation politique : les décisions climatiques restent prises dans des instances où les femmes sont minoritaires, ce qui limite la prise en compte des impacts de genre.
Parallèlement, ce sont souvent les femmes qui portent les luttes écologiques sur le terrain : paysannes, militantes de la justice environnementale, chercheuses, artistes.
L'écoféminisme, un engagement de la Fondation des Femmes
Créée en 2016 et présidée par Anne-Cécile Mailfert, la Fondation des Femmes est la structure de référence en France sur les droits des femmes et les violences faites aux femmes. Reconnue d’utilité publique, elle soutient financièrement, matériellement et juridiquement les associations qui œuvrent pour l’égalité.
En 2026, la Fondation célèbre son 10e anniversaire avec un bilan d’impact significatif : 20 millions d’euros alloués à plus de 1 000 associations, 4 500 structures soutenues (dont 1 200 via la Cité Audacieuse), 65 000 nuitées d’hébergement d’urgence financées, près de 6 millions de produits d’urgence distribués et 600 000 femmes aidées. Les chiffres complets sont disponibles sur la page Vision et impact.
L’engagement écoféministe de la Fondation s’inscrit dans cette continuité. Il s’agit de reconnaître que la lutte pour les droits des femmes ne peut pas être séparée des enjeux écologiques, et que les autrices, chercheuses et militantes qui articulent ces deux combats méritent d’être entendues.
Célébrer et faire vivre les luttes écoféministes
Pour donner corps à cet engagement, la Fondation des Femmes organise chaque année, à la Cité Audacieuse, le festival Celles qui sèment. Neuf jours de tables rondes, ateliers, projections et performances, en entrée libre, pour explorer collectivement l’écoféminisme et ses moyens d’action.
La deuxième édition se tient du 21 au 29 septembre 2026 à Paris. Elle réunit des personnalités engagées, autrices, chercheuses, militantes et paysannes autour de la question : « Les femmes vont-elles sauver le monde ? ». Une interrogation qui n’appelle pas de réponse triomphante, mais une enquête collective, à l’heure où l’été 2026 a été marqué par des records de chaleur.
Découvrir la programmation complète de Celles qui sèment 2026 sur le site de la Cité Audacieuse.
Soutenir la Fondation des Femmes
Défendre les droits des femmes, y compris face aux crises écologiques, demande des moyens. La Fondation des Femmes est une fondation reconnue d’utilité publique : un don ouvre droit à une réduction fiscale de 66 % pour les particuliers.